4 octobre 2019

 

Le mois de septembre aura permis aux marchés mondiaux de retrouver leurs points hauts historiques. Alors que les discours alarmistes sur l’état de l’économie mondiale se multiplient, et que le pessimisme ambiant augmente, notre vision stratégique se veut plus constructive. En effet, plusieurs facteurs constituent selon nous de réels soutiens aux niveaux des indices.

 

Les banques centrales en soutien

Tout d’abord, les banques centrales, en particulier la Banque Centrale Européenne, ont confirmé que les institutions resteraient actives aussi longtemps que nécessaire pour encourager l’inflation (et indirectement l’économie), qui est leur mission d’origine. La BCE a ainsi à nouveau baissé les taux courts de 0,1 % et repris sa politique de rachats d’actifs obligataires (elle injecte ainsi des liquidités dans l’économie).

Les économies ralentissent, mais demeurent à des niveaux satisfaisants

Par ailleurs, la situation des économies mondiales ne nous semble pas aussi inquiétante que les médias l’affirment :

 

• Rappeler que l’économie chinoise n’a jamais cru à un rythme aussi faible ne nous apprend rien puisque sa tendance naturelle est au ralentissement. La Chine est désormais la 2ème puissance économique mondiale derrière les États-Unis et sa croissance ne peut tenir un rythme à 7 % et plus. Celle-ci devrait se maintenir autour de 6 % alors qu’elle est clairement affectée par les tensions commerciales.
• Les États-Unis eux aussi ralentissent. Mais c’est en reflet d’une année 2018 exceptionnelle grâce aux mesures fiscales (baisses d’impôts) annoncées fin 2017. Le PIB devrait toujours croître de 2 % en 2019.
• L’Europe est davantage en difficulté, comme souvent, mais n’est pas le moteur de l’économie mondiale.
• Dans la plupart des zones économiques mondiales, le moral des ménages demeure haut grâce à un marché de l’emploi très dynamique. Tant que cet indicateur tient, la consommation, le principal moteur de la croissance, devrait résister.

Les actions sont à des niveaux intéressants

Dans ce contexte, les valorisations des marchés d’actions ne nous semblent pas élevées : elles sont conformes à la moyenne des dernières années alors que dans le même temps, les taux d’intérêt se sont effondrés. En théorie, les multiples de valorisation des entreprises doivent se renchérir à mesure que les taux baissent (la principale méthode de valorisation d’une entreprise étant l’actualisation des flux de trésorerie futurs – plus les taux baissent plus la valeur actuelle des flux futurs augmente). Les indices ont progressé de 18 % en 2019 en Europe… Est-ce beaucoup mis en perspective d’une année 2018 à – 14 % ?

 

Enfin, une masse gigantesque de capitaux institutionnels et privés inonde les marchés. Dans un environnement de taux bas, voire négatifs, qui pourrait se prolonger, et face à des rendements futurs en berne sur le placement favori des français (le fonds en euros des compagnies d’assurance-vie), les actions restent une des rares classes d’actifs pouvant offrir du rendement aux investisseurs.

Volatilité possible à court terme, mais un scénario de hausse toujours crédible

Ainsi, la situation générale ne nous paraît donc pas si noire même si nous sommes conscients des nombreuses sources de tensions actuelles (guerre commerciale, effets du Brexit, craintes des investisseurs sur l’état de nos économies). L’humeur des investisseurs nous semble l’élément le plus fragile alors que nous entamons le mois d’octobre, mois devenu éminemment inquiétant ces dernières années, à tort car sur 25 ans, le mois d’octobre est le 2ème meilleur mois de l’Eurostoxx 50 après le mois d’avril.

 

Nous avons vu en octobre 2018 que les indices pouvaient perdre 25 % en quelques semaines… pour les reprendre en quelques semaines. Le ralentissement de l’économie ne nous semble pas, pour l’instant, suffisamment marqué pour être alarmant. Les gouvernements devraient enclencher la relance budgétaire, comme demandé par les banques centrales (les Pays-Bas, pays pourtant orthodoxe sur le plan budgétaire, ont tiré les premiers), et Donald Trump, s’il souhaite être réélu, devra trouver un terrain d’entente avec son homologue chinois. Si ce scénario se confirmait, le potentiel de croissance serait libéré et les indices pourraient alors reprendre leur marche en avant.

 

Consulter le site Meeschaert Gestion Privée.