25 octobre 2018

 

Le stress des intervenants est en hausse depuis plusieurs mois à cause, dans l’ordre chronologique, des mesures protectionnistes prises par Donald Trump, des déclarations et du budget du gouvernement italien, et enfin des craintes d’un ralentissement en Chine, sujet récurrent année après année.

 

Ces sujets sont donc essentiellement politiques, dans un contexte où les Etats-Unis alignent leur 9ème année de croissance et où la Chine croit encore à un rythme soutenu quoi qu’en disent les esprits chagrins.

 

Les Etats-Unis

L’histoire des cycles économiques démontre que les Etats-Unis finiront par voir leur croissance ralentir par rapport au rythme actuel. Mais pour le moment, aucun signe tangible ne permet d’envisager ce ralentissement à court terme. Au contraire, compte tenu de la vigueur de l’économie, il nous semble que le risque réside davantage dans une accélération de l’inflation, qui ferait monter les taux américains plus rapidement qu’anticipé.

La Chine

Les annonces de taxes douanières de la part de Donald Trump lui ont permis de négocier des accords commerciaux avantageux avec tous ses partenaires (Canada et Mexique par exemple), sauf avec la Chine, toujours sous pression. Les investisseurs sont par conséquent à nouveau inquiets sur les perspectives de croissance en Chine. Les différentes mesures de relance annoncées ces dernières semaines apportent de l’eau au moulin des plus négatifs qui y voient le signe des inquiétudes gouvernementales.

 

Nous estimons que les mesures de relance, dont la réduction des réserves obligatoires des banques – qui encourage les octrois de crédit – sont des outils d’ajustement permanents de la croissance et qu’elles ne doivent pas être sur-interprétées, surtout par des pays qui ont pratiqué la relance sans interruption depuis 10 ans (les quantitative easings des banques centrales aux Etats-Unis ou en Europe par exemple).

 

Hormis les acteurs du secteur automobile, les entreprises européennes ne relaient pas de message alarmiste sur la consommation locale. Enfin la Chine vient de publier une croissance de PIB de 6,5 % sur le 3ème trimestre. C’est effectivement une décélération par rapport aux trimestres précédents, mais concrètement cela correspond à un accroissement de PIB de 800 milliards de dollars en 2018 contre 775 milliards de dollars l’année précédente, la base de calcul étant plus élevée !

L’Europe

L’économie européenne demeure la moins dynamique, mais la croissance est là. Les différentes données concernant l’emploi sont là pour en attester.

 

Le sujet italien semble en revanche plus sensible. Il en va de l’avenir de la zone euro que la situation se régularise, soit avec une Italie qui accepte un budget renégocié avec la Commission Européenne, soit avec une Commission Européenne qui accepte l’expérience de relance italienne proposée par son gouvernement. La lutte contre les populismes en Europe serait à ce prix.

 

Quoiqu’il en soit, nous excluons tout effet domino sur l’Europe, à l’instar de l’épisode grec de 2011-2013. En effet, la situation en zone euro est aujourd’hui très différente (unification du système bancaire, détention d’obligations par la BCE…) et les pays d’Europe du Sud sont désormais plus robustes.

Les marchés finiront par se raccrocher aux fondamentaux

La correction actuelle rappelle celle de début 2016, quand les Bourses avaient perdu plus de 19 % en quelques semaines. Les raisons à l’époque ? Inquiétudes sur la Chine et ralentissement de l’économie américaine, un baril de pétrole tombé à moins de 30 dollars complétant les prédictions les plus sombres. Deux mois plus tard, la baisse était pratiquement effacée.

 

Comme en 2016, le stress est élevé mais le contexte ne paraît pas mauvais : les entreprises européennes sont en bonne santé, avec des hausses de bénéfices qui pourraient dépasser les 7 % cette année pour les valeurs du Stoxx 600. Cet élément, couplé à une baisse des indices de 10 % à ce jour, donne des niveaux de valorisation maintenant en-dessous de leurs niveaux moyens historiques, ce qui ne nous semble pas justifié.

 

Nous profiterons donc tactiquement de la correction actuelle pour augmenter l’exposition actions des portefeuilles, en Europe voire dans les pays émergents qui, après la forte baisse, ont eux aussi retrouvé des niveaux intéressants.

 

Consulter le site Meeschaert Gestion Privée.