14 octobre 2019

 

Les taux négatifs deviennent la nouvelle norme

 

Lors de la réunion du jeudi 12 septembre 2019, le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a initié un nouvel ensemble de mesures accommodantes avec pour objectif un retour vers un niveau d’inflation proche de 2 %.

 

 

Ces différentes décisions, fournissant une relance monétaire supplémentaire, vont avoir pour effet de nous inscrire, un peu plus, dans un environnement de taux faibles, voire négatifs pour une période indéterminée.

 

Les taux négatifs, hérésie pour tous il y a une dizaine d’année, ont fait leur apparition de façon épisodique dès 2012. Bien implantés depuis 2015, ils s’inscrivent désormais comme la norme dans le contexte actuel, conséquence directe des différents plans de soutien des banques centrales tout autour de la planète. Cette manne d’obligations à taux négatif culmine aujourd’hui à près 14 000 milliards de dollars.

 

 

En Europe, jusqu’à présent, les liquidités des banques déposées auprès de la BCE étaient « rémunérées » à un taux de -0,40 %. Cette dernière a désormais abaissé ce taux d’intérêt de 10 points de base, à -0,50 % avec un système de pallier pour ne pas pénaliser les banques. Suite à ces décisions, les échéances à court terme vont demeurer ancrées en territoire négatif.

 

Si jusqu’à présent les banques se refusaient à répercuter aux clients ces frais, bon nombre d’entre elles commencent à y réfléchir sérieusement et certaines ont déjà sauté le pas (Lombard Odier, UBS, Crédit Suisse, Jyske Bank). Dans ce contexte, les banques refusant désormais les dépôts se font de plus en plus nombreuses et les solutions de placements à court terme traditionnelles se tarissent.

 

Comment investir ses liquidités dans ce contexte ?

Les solutions classiques peu satisfaisantes

Les produits bancaires classiques ont l’avantage d’offrir un capital garanti avec cependant des rendements souvent limités, mais surtout la contrepartie d’une liquidité réduite. Effectivement, les comptes à terme engagent l’investisseur sur une durée fixe avec, pour beaucoup, des pénalités en cas de sortie anticipée. Enfin, la politique monétaire de la BCE et la règlementation bancaire auront pour conséquence de contraindre l’offre.

 

Investir dans les obligations d’Etat courtes nous parait être une solution compliquée. En effet, si celles-ci jouent pleinement leur rôle d’actif refuge, elles annihilent tout potentiel d’appréciation du capital pour les investisseurs. De fait, les taux à 2 ans européens sont tous inscrits en territoire négatif et s’étendent jusqu’à 30 ans pour l’Allemagne !

 

Encore des opportunités avec les obligations d’émetteurs privés

Dans ce contexte, les obligations d’émetteurs privés en euros de notation Investment Grade (de notation AAA à BBB-) avec une maturité inférieure à 3 ans demeurent encore une alternative à privilégier pour plusieurs raisons:

• Il s’agit d’un univers d’obligations en constante mutation avec un marché primaire encore actif ;
• La liquidité reste conséquente avec des souches en moyenne de près de 700 millions d’euros* ;
• Une partie du gisement offre un rendement positif ;
• Les coupons versés permettent de fournir une source de revenus constante ;
• La maturité courte de ces titres permet de diminuer fortement la sensibilité aux taux d’intérêts ;
• La qualité de crédit de ces émetteurs limite le risque de défaut et donc de perte en capital ;
• Elles intègrent, pour une large partie d’entre elles, la possibilité d’être inscrites au sein du programme d’achat et de réinvestissement de la BCE ;
• Les primes de risques Investment Grade présentent encore du potentiel de resserrement et ainsi une capacité à générer une appréciation du capital;
• Le différentiel de rendement offert entre les maturités 3 ans et 1 an (« la pente ») sur la partie crédit est particulièrement intéressant.

 

 

Au sein de cet univers, notre sélectivité nous permet d’écarter les émetteurs les plus à risques et de privilégier les secteurs et zones géographiques en fonction de notre scénario macroéconomique.
On retrouvera ainsi des acteurs de tous secteurs au sein desquels nous favorisons ceux avec un potentiel de désendettement fort grâce à des marges importantes, une génération de cash-flow ou une sécurisation face à des actifs réels cessibles facilement.

 

On peut citer des entreprises comme ALD, filiale de leasing de la Société Générale, Auchan ou Carrefour, comme champions nationaux dans le secteur de la distribution, des sociétés foncières, notamment dans le domaine de la logistique, comme Logicor ou Goodman, bénéficiant de l’essor du marché des commandes en ligne ou les constructeurs automobiles comme BMW ou Fiat pour ne citer qu’eux.

 

De même, les banques continuent d’offrir selon nous des primes intéressantes. Les dernières évolutions règlementaires et la tendance à la vente des prêts non performants ont permis un renforcement des bilans bancaires qui nous confortent sur leur situation à court et moyen terme.

 

Enfin en terme de diversification et dynamisation, l’ajout d’une poche d’obligations convertibles et / ou de catégorie haut rendement (de notation inférieure à BBB-) peut offrir un surplus de rémunération en contrepartie d’une volatilité plus élevée.

 

Consulter le site Meeschaert AM.

 

Sources : Bloomberg, ICE BoFAML, Meeschaert AM, données au 8 octobre 2019
*Indice ER00, ICE BofAML Euro Corporate Index, univers de 804 obligations d’émetteurs privés en euros de maturité 1-3  ans