23 janvier 2020

 

Conséquence d’une accumulation d’incertitudes politiques et d’un renforcement des mesures protectionnistes aux Etats-Unis, l’économie mondiale confirme son ralentissement en 2019.

 

Pour endiguer ce phénomène et soutenir l’inflation, la FED et la BCE ont mis en pause leur processus de resserrement monétaire, confirmant ainsi leur intention de se montrer proactives.

 

2020 débute avec moins d’incertitudes politiques, grâce aux avancées dans les négociations commerciales sino-américaines et l’imminence d’un accord sur le Brexit, mais l’activité industrielle et le commerce mondial restent toutefois à surveiller.

 

L’amélioration des publications économiques et le renforcement des politiques budgétaires devront se poursuivre pour entrevoir un redressement du cycle. Le cas échéant, la remontée des taux d’intérêt se poursuivra. La crainte d’une récession prochaine aux Etats-Unis maintient cependant la fébrilité des investisseurs et un grain de sable, à l’instar de la campagne électorale américaine, pourrait nuire à ce redressement .

Focus sur quelques caractéristiques de la classe d’actifs « high yield » :

Elle est positivement corrélée à la progression des marchés actions. Un régime de faible volatilité de ces derniers lui est en outre favorable.
Sa corrélation avec les taux d’intérêt est historiquement négative : l’amélioration des fondamentaux économiques, premier catalyseur d’une remontée des taux, est favorable à ces émetteurs car leurs marges et ratios d’endettement s’améliorent.
Par une politique monétaire accommodante sans date de fin déterminée, la BCE améliore les conditions de crédit et limite ainsi la hausse des taux de défaut, dont les anticipations n’excèdent pas 3 % l’an prochain (similaire à 2019).

 

S’il est difficile d’anticiper la tendance à venir des actions et des taux, justifiant une prudence dans les investissements sur les actifs risqués, le dernier élément plaide en faveur du marché des obligations à haut rendement. En effet, la reprise des achats d’actifs de la BCE sur l’investment grade représentera un soutien indéniable pour les notations BB, nouvelle cible des investisseurs institutionnels en quête de rendement.

 

L’autre élément favorable pour cette classe d’actifs est l’écart de rendement important qui existe actuellement entre les émetteurs les mieux notés (« BB ») et les plus endettés (« B »). Cet écart est actuellement de 220bp (2,20 %), soit approximativement la moyenne 5 ans (204bp). Les rendements du BB et du B sont respectivement de 1,68 % et 3,98 %.

 

Néanmoins, lors de la dernière période d’achat d’actifs de la BCE à partir de 2016, cet écart s’était fortement réduit, ce qui avait constitué un important moteur de performance. Un resserrement peut passer par une performance défavorable du BB, peu probable en période de « quantitative easing ». Il peut donc plus probablement venir d’un resserrement du « B » qu’un rebond de l’activité économique pourrait alimenter. En revanche, ce scénario ne pourrait se produire si l’amélioration de l’environnement ne se confirme pas.

 

 

Enfin, plus globalement, dans le contexte actuel de taux négatifs, le carry (« portage ») du high yield demeure attractif, avec un rendement proche de 3 %.


Si ces trois éléments se confirment, à savoir le soutien de la BCE, un redressement de l’activité économique et des défauts qui restent limités, cette classe d’actifs pourrait atteindre une performance annuelle comprise entre 3 % et 5 % en 2020.

 

 

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