14 février 2018

 

Les marchés boursiers mondiaux ont connu une période de fébrilité. Avec une baisse moyenne de 10 % des indices, Wall Street a fait face à la définition même d’une correction.

 

Les raisons de cette correction

 

Pour comprendre ces mouvements, rappelons le déroulement des faits. Cette histoire commence vendredi matin quand la publication des chiffres montrant la croissance des salaires aux Etats-Unis fait renaître les craintes d’un retour de l’inflation, donc de hausse des taux d’intérêt. De leur côté, les Banques Centrales ont entamé le processus qui les amène à retirer les liquidités qui avaient jusqu’à maintenant fortement contribué à la hausse des indices boursiers ces dernières années. Si les taux d’intérêt montent trop, les actions devraient devenir moins attrayantes. Cependant, malheureusement ou heureusement, ce ne sont pas les théories économiques qui font évoluer les marchés. Cette dernière correction a été provoquée par un phénomène beaucoup plus simple, et plus technique. Depuis plusieurs années, la hausse des marchés était continue et pratiquement sans secousse. Le principal risque pour les investisseurs, surnommé le « FOMO » (Fear of Missing Out), était la peur de rater la hausse. Une des conséquences de cet état de fait est apparue dans un recoin obscur du marché, le VIX ou indice de la volatilité, ironiquement appelé par certains « l’indice de la peur ». Puisque les marchés montaient, et la peur était absente, la volatilité des actifs financiers baissait de jour en jour. Or, Wall Street est passée maître dans la création de produits financiers une fois qu’une tendance est observée.

 

En 2018, les paris étaient donc consensuellement concentrés sur l’absence de volatilité, l’absence de peur. Des produits financiers avaient été émis pour profiter de ce contexte. Puisque la peur avait disparu, à quoi bon s’assurer contre elle ? Autant la vendre. Et si les Bourses montaient continuellement, alors pourquoi ne pas utiliser les primes obtenues en cédant cette volatilité pour acheter des actions ? Ce discours, porteur à Wall Street depuis plusieurs années, a fonctionné jusqu’à l’inquiétude déclenchée par l’annonce de la hausse de salaires. Les investisseurs ont alors allégé leurs portefeuilles d’actions, ce qui a fait augmenter la volatilité. Ceux qui avaient parié contre elle ont renversé leurs paris, vendant des actions devenant plus risquées. Ce cycle, simple à comprendre mais qui n’était pas anticipé, se nourrit de lui-même. Et des centaines de milliards de dollars investis étaient ainsi pris à contre-pieds. A-t-on atteint, dès maintenant, après cette correction un support solide pour les indices boursiers ? Ces positions ont-elles toutes été débouclées ? Si ce n’est aujourd’hui, ou demain, cela ne manquera d’arriver.

 

Les raisons de cet optimisme

 

Une simple constatation explique cet optimisme. Rarement, l’économie mondiale aura connu une période plus faste. La croissance revient en Europe, la confiance aussi. Aux Etats-Unis, les réformes fiscales donnent un deuxième souffle à l’expansion économique de ces dernières années. Quand le calme l’emportera, les investisseurs rachèteront les secteurs les mieux positionnés. Or, ces secteurs sont essentiels et prendront le relais de la hausse. Les banques et les valeurs financières profiteront pleinement de l’augmentation des taux d’intérêt, qui soutiennent fortement leur rentabilité. Les valeurs cycliques bénéficient d’une accélération de la croissance. Les matières premières aussi, car il faut nourrir cette croissance.

 

D’où viendra la prochaine secousse ? L’avenir nous le dira, mais une fois de plus, il faudra observer attentivement la création de nouveaux produits financiers ésotériques (souvenons-nous des subprimes). Et se garder aussi des excès de confiance dans une gestion passive, de la mode des trackers et des ETFs. La semaine dernière, il ne fallait pas jeter le bébé avec l’eau du bain. L’eau n’est pas encore trop chaude, et le bébé va bien.

 

Consulter le site Meeschaert Asset Management.