6 février 2020

 

Alors que ces dernières semaines les économies mondiales avaient confirmé leur stabilisation, notamment aux États-Unis et en Chine, le virus chinois est venu semer le doute dans des esprits confortablement préparés à une hausse tranquille des indices boursiers.

 

En 2003, lors de la crise du SRAS (Syndrome Respiratoire Aigu Sévère), l’OMS lançait une alerte mondiale le 12 mars, ce qui marquait le point bas des marchés. Trois mois plus tard les indices avaient retrouvé leurs niveaux d’avant la crise.

 

 

Depuis l’apparition du coronavirus, les actions européennes ont perdu 4 % et sont en territoire légèrement négatif avant de rebondir ces derniers jours sur les premières mesures de soutien monétaire chinoises et sur des avancées médicales à la fois dans la mise au point d’un médicament et d’un vaccin.

 

Certains secteurs, comme le luxe et les activités liées au tourisme, avaient perdu davantage que 4 % (hôtellerie, transports aériens, luxe). Toutes les classes d’actifs ont commencé à anticiper – de manière sans doute très pessimiste – un net ralentissement de la croissance : l’or noir a perdu 14 dollars (20 % !), entraînant les valeurs pétrolières à la baisse, et les taux sont proches de leurs plus bas (1,5 % pour le taux à 10 ans américain).

Par comparaison au SRAS qui avait sévi en 2003 :

• le coronavirus se propage plus rapidement, mais est moins mortel (2-3 % de mortalité contre 5 %) ;
• le gouvernement chinois a réagi beaucoup plus vite et violemment qu’en 2003 où l’officialisation de l’épidémie avait attendu un mois.

 

De nombreux observateurs ont donc bon espoir que les quarantaines mises en place en Chine et un peu partout dans le monde permettent d’infléchir rapidement la vitesse de propagation.

 

Tout l’enjeu économique est là : aujourd’hui les analystes estiment que 80 % du PIB chinois est à l’arrêt au moins jusqu’au 10 février. Plus cette situation sera longue, plus l’impact sera sensible au niveau mondial : chute de la croissance chinoise, mais également rupture des chaînes d’approvisionnement de nombreuses entreprises dans le monde.

 

La vitesse de propagation du virus, pour l’instant essentiellement cantonné à la Chine, ne montre pas encore de signe de ralentissement. Même si de nombreuses équipes médicales y travaillent à travers le monde, la mise au point d’un vaccin devrait prendre au minimum 18 mois. Il est naturellement difficile de prédire l’avenir de l’épidémie, mais la visibilité devrait s’améliorer rapidement.

 

En effet, la période d’incubation étant de 10-15 jours, le scénario idéal serait de voir la propagation atteindre un pic 15 à 20 jours après le confinement… c’est-à-dire que le verdict pourrait arriver dans les 10 prochains jours au maximum. Dans cette attente la volatilité devrait demeurer élevée.

 

Les mesures d’ores et déjà prises permettent d’espérer une normalisation prochaine. Les résultats des entreprises mondiales souffriront clairement au 1er trimestre, mais la valorisation d’un investissement en actions se mesurant sur une plus longue période, les marchés devraient se redresser rapidement. Sans dégradation supplémentaire de la situation, nous estimons même que toute nouvelle baisse représenterait une belle opportunité.

 

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