10 mars 2020

 

Épidémie du coronavirus, crise pétrolière, les nouvelles se succèdent et inquiètent les investisseurs.

 

Quels peuvent être les impacts à court, moyen et long terme sur l’économie et les marchés financiers ?

 

 

L’activité économique ralentit à mesure que le virus se propage dans le monde et que les décisions de confinement se mettent en place. S’il est impossible à l’heure actuelle d’évaluer toutes les conséquences de cette épidémie, la plupart des effets devraient néanmoins n’être que transitoires.

 

Par ailleurs, le contre-choc pétrolier, déclenché ce week-end par le désaccord entre les pays producteurs, entraîne tout le secteur dont l’importance économique n’est pas à démontrer. En effet, face au ralentissement économique, les pays producteurs de pétrole, Arabie saoudite et Russie en première ligne, ne sont pas parvenus à s’entendre sur la gestion de l’offre. Ils ont ainsi mis « le feu aux poudres » ce lundi sur les Bourses mondiales, l’or noir perdant jusqu’à 30 % dans la journée.
Ce qui pourrait être une très bonne nouvelle pour le portefeuille des ménages est en fait considéré par les marchés comme extrêmement dangereux : en effet, sous un certain prix du baril, les compagnies actives dans le pétrole de schiste risquent la banqueroute et peuvent emporter avec elles les banques qui les financent. Il n’en fallait pas davantage pour que le risque de liquidité revienne au centre des débats.

 

La nervosité des marchés va se poursuivre tant que les signes de l’atteinte du pic de l’épidémie ne seront pas visibles et qu’un accord entre producteurs de pétrole ne semblera pas à portée de main.

 

Ces chocs exogènes violents remettent en cause la situation de début d’année et notre scénario de marché. En effet, nos prévisions favorables pour l’ensemble des marchés étaient basées sur plusieurs éléments :

 

• L’amélioration des bénéfices des entreprises : ce moteur de la croissance des marchés est maintenant fragilisé au moins pour la première partie de l’année. Mais la forte correction des indices a déjà anticipé le mouvement de révision des analystes.
• Le soutien des banques centrales : il va se renforcer et devenir un élément majeur d’afflux de liquidités sur les marchés financiers. La baisse surprise par la FED de 0,5 % la semaine dernière de son taux directeur est là pour le confirmer.
• Nous étions plus modérés sur les programmes de relance budgétaire, anticipant alors une certaine prudence des gouvernements qui ne sera probablement plus d’actualité. Nous pouvons nous attendre à un certain nombre d’initiatives de la part des gouvernements dans ce sens. La Chine a déjà donné le signal de départ de ces nouveaux plans de relance, et restera probablement le pays le plus engagé sur cette voie.
• Enfin, une fois le coronavirus derrière nous, la baisse du pétrole va favoriser la consommation dans les zones – dont l’Europe fait partie – consommatrices et non productrices de pétrole.

 

Ainsi, les conditions de la reprise économique se mettent en place. Les valorisations actuelles des marchés actions redeviennent attractives. Les rendements des marchés obligataires offrent aussi des opportunités d’achat. Pour les portefeuilles déjà investis, il est important de patienter en prenant en compte un horizon de placement cohérent avec son allocation d’actifs. Pour les portefeuilles disposant de marges de manœuvre, la nervosité des marchés va perdurer, et donc des exagérations baissières peuvent apparaître. Dans ce contexte, des programmes d’achats progressifs permettront d’en profiter tout en en limitant les risques.

 

Faire le dos rond ou acheter au son du canon, chacun adaptera son comportement en fonction de son profil d’investisseur et de son horizon de placement.

 

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