15 octobre 2020

 

Elle arrive…

 

Les éléments d’une correction de marché sont en place :

 

 

• L’épidémie de Covid repart dans la plupart des pays. Le stress hospitalier et populaire augmente, poussé par un nombre record de nouvelles contaminations, prélude à une remontée des hospitalisations et des décès ? Cette évolution pousse les gouvernements à prendre de nouvelles mesures de confinement ciblées (Allemagne, Espagne, Royaume-Uni, Pays-Bas, France, etc.) qui auront nécessairement des répercussions sur les niveaux d’activité du 4e trimestre. En France, l’hypothèse d’une baisse de PIB ce trimestre refait surface.
• Les annonces de développement de vaccins sont plutôt contrariantes, les interruptions d’essais étant plus visibles et médiatisées que les avancées. L’illusion d’un vaccin en 2020 a disparu.
• Dans ce contexte où la visibilité se réduit à nouveau, la saison des publications de résultats des entreprises pour le 3e trimestre a peu de chances de générer un enthousiasme débordant même si les comptes de ces trois derniers mois devraient être satisfaisants alors que le rebond économique sur la période a positivement surpris.
• Dernière touche à ce tableau apparemment peu réjouissant : les élections présidentielles américaines le 3 novembre prochain. Avant l’été, les marchés voyaient encore d’un mauvais œil l’arrivée au pouvoir d’un Joe Biden dont le programme comprenait notamment de nettes hausses d’impôts pour les entreprises et les ménages.

 

Aujourd’hui ceci n’est plus la principale inquiétude pour plusieurs raisons :
1. sa vice-présidente, Kamala Harris, est plus au centre qu’à gauche sur l’échiquier politique;
2. Joe Biden arriverait avec un plan de relance beaucoup plus massif (2 000-3 000 milliards de dollars) que celui des républicains de Donald Trump;
3. il apporterait davantage de stabilité et de visibilité géopolitique à un monde dont les alliances traditionnelles ont été largement secouées ces dernières années.

Le risque relatif aux élections américaines est de voir Donald Trump refuser d’admettre son éventuelle défaite, aujourd’hui nettement anticipée par les sondages. Le désordre post élections pourrait être très déstabilisateur. Une victoire très nette des démocrates, incontestable (et de plus en plus souvent évoquée par les analystes), est clairement l’issue maintenant la plus favorable.

 

Le contexte est donc à nouveau très anxiogène avec des marchés qui ont jusqu’à présent bien résisté, en particulier aux Etats-Unis, toujours soutenus par leurs leaders technologiques, les éternelles Google, Facebook, Amazon, Microsoft, Apple, etc.

Il est très anxiogène, mais pourtant…

Les banques centrales et gouvernements sont au chevet de l’économie comme jamais. Celles-là répètent à l’envie qu’elles financeront l’économie et les gouvernements pour longtemps. Ces derniers quant à eux accompagnent les mesures restrictives de budgets de soutien en perpétuelle hausse (chômage partiel et plans de soutiens) à des taux d’intérêts durablement proches de zéro (le retour de l’inflation ne semble pas imminent). Dans ces conditions, les taux d’endettement des États peuvent poursuivre leur hausse sur les prochaines années sans que le système ne déraille (cf. la situation du Japon). Quand le monde déconfinera, et cela arrivera, les capacités de production devraient en grande partie être prêtes.

Côté médical, la situation sanitaire, qui atteindra sans doute un pic de stress dans les prochaines semaines, reviendra nécessairement par la suite à une situation plus calme.
Quant aux élections américaines, les déclarations de Donald Trump, bien qu’inquiétantes, seront difficiles à mettre en œuvre alors qu’une grande partie de son propre camp ne le soutiendra pas.

 

Donc oui, elle arrive : l’opportunité de revenir sur les marchés d’actions en prévision d’une reprise économique qui sera sans doute forte une fois ces turbulences passées.

 

 

Consulter le site Meeschaert Gestion Privée.