15 juin 2020

 

Les banques centrales et gouvernements sont au chevet de l’économie mondiale : ils ont agi dans un premier temps afin éviter une crise systémique, et s’apprêtent dans un deuxième temps à relancer la croissance.

 

Les montants historiques déjà versés pour le maintien des emplois et du pouvoir d’achat ne pourront qu’être augmentés dans la durée afin d’éviter que la situation actuelle ne s’aggrave.

 

Les États s’endetteront donc davantage, avec l’appui des banques centrales qui continueront à acheter leurs dettes dans un contexte de taux maintenus à zéro.

 

 

Les banques centrales ne pouvant pas faire faillite et celles-ci finançant « gratuitement » les États (les anciennes dettes sont remboursées par de nouvelles et tant que les taux d’emprunt sont à zéro pour cent, cette mécanique n’a pas de coût financier pour les États), les inquiétudes concernant l’endettement des États n’ont pas lieu d’être. Les équilibres sont d’autant plus stables que toutes les grandes économies mondiales impriment des billets en même temps, ne perturbant ainsi pas les taux de change. Les inquiétudes systémiques se sont donc logiquement estompées.

Deux phases de hausse des marchés

Les premiers commentaires des entreprises confirment que le mois de mai aura vu le point bas de l’activité et rares sont les acteurs à tenir des propos alarmants. Au contraire, le confinement aurait même été un accélérateur de tendances (e-commerce, digitalisation, économie durable, flexibilité du travail etc.) et non une rupture.

 

Les investisseurs semblent prêts à occulter les résultats de 2020, préférant porter leur regard sur 2021 et au-delà.

 

Les marchés ont donc rapidement anticipé une sortie de crise sanitaire et économique, en rebondissant fortement sur les points bas. L’Eurostoxx 50 a progressé de 20 % sur la 2e moitié du mois de mars, le Standard and Poor’s, tiré par les valeurs technologiques, augmentant de 28 % jusqu’à mi-avril.

 

La deuxième phase hausse, de 10 à 20 %, qui a accompagné le déconfinement des économies mondiales depuis mi-mai est plus surprenante. La plupart des indices mondiaux ont retrouvé des niveaux marquant des baisses 2020 inférieures à 10 %, les indices américains repassant même au-dessus de zéro… effaçant la plus soudaine et violente crise économique depuis 1929.

Alors que penser des niveaux actuels ?

Les prévisions boursières à (très) court terme sont toujours aléatoires, perturbées par la psychologie ou par les mouvements des gestions passives / automatiques. En s’extrayant des phénomènes épidermiques parfois brutaux, comme en ce moment, qui donnent une impression de décorrélation entre les marchés financiers et les fondamentaux économiques, le temps permet aux grandes tendances de s’exprimer. Indépendamment de la volatilité extrême des derniers jours, notre perception reste que les scénarios les plus probables sur les prochains mois sont haussiers, même si la reprise en V, très rapide, est sans doute trop optimiste. En effet, les économies mondiales garderont des séquelles de la crise pendant plusieurs années, les taux de chômage à moyen terme étant plus élevés qu’en 2019. Jérôme Powell, le président de la FED a souligné dans son intervention du 10 juin, qu’il espérait que l’économie américaine retrouverait un rythme normal en… 2023.

 

Cependant, dans cette attente, la FED demeurera au soutien, comme la Banque centrale européenne, dans un contexte à faible inflation. Aussi, les économies mondiales, qui devraient certes enregistrer des baisses de PIB comprises entre -5 % et -15 % en 2020, rebondiront violemment en 2021 sous l’effet des plans de relance et grâce à un effet très favorable de comparaison à 2020. Les résultats des entreprises suivront le même chemin. Dans un contexte de taux zéro et de soutien indéfectible des banques centrales, cela devrait nourrir un flux de bonnes nouvelles et potentiellement une augmentation des valorisations de marchés. La théorie financière, qui valorise les entreprises en fonction de la trésorerie qu’elles génèrent, nous indique que plus les taux d’intérêt sont bas et plus les valorisations doivent être élevées. Cette théorie pourrait trouver tout son sens dans la phase intermédiaire 2021-2022 qui ramènera des économies inondées de liquidités dans la situation de 2019, laissant donc présager une reprise marquée des marchés sur cet horizon de moyen terme.

 

 

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