29 juillet 2019

 

Le comité Pro Persona est un cercle de réflexion composé de philosophes, théologiens et d’experts de la finance, il vise à approfondir les questions éthiques qui se posent à l’activité financière et économique.

 

Sa mission ? Contribuer à une recherche fondamentale et appliquée en faveur d’une finance au service de l’économie et d’une économie au service de la personne humaine. Pour partager les fruits de ses réflexions, Pro Persona édite des Cahiers, découvrez le troisième numéro de la séquence « Responsabilité » :

 

 

Si tous les hommes partagent une égale dignité, dans la réalité tous ne sont pas égaux dans leurs talents, leurs moyens humains et matériels, ni non plus en liberté et en capacité de décider et d’agir. Ainsi, dans le langage courant, on est tenté de faire une distinction entre ceux qui ont des responsabilités, et qui doivent donc être responsables, et les autres. Mais la responsabilité est-elle seulement réservée à quelques-uns ?

Tous les hommes naissent responsables

Dès son plus jeune âge, l’enfant est éduqué spontanément par ses parents à sa responsabilité native, à savoir à cette responsabilité qui lui incombe du seul fait d’être né, d’être une personne humaine et de vivre avec d’autres. L’enfant commence par répondre à l’appel de ses parents qui prononcent son nom, puis cet appel passe par l’éducation à la relation, qui comporte le respect et l’obéissance.

 

L’enfant doit veiller ensuite à ceux qui vivent avec lui, ses frères et sœurs, par exemple. Lorsqu’il blesse quelqu’un de son entourage, ses parents l’éduquent à lui demander pardon en le regardant dans les yeux. Pour remplir leur rôle, les parents vont répéter à leur enfant, sans cesse et sur tous les tons, ce que contient cette responsabilité native. Et si l’enfant ne répond pas à l’appel de ses parents, ces derniers, en tenant compte de son âge et de sa capacité de compréhension, se sentent légitimes à le mettre devant sa responsabilité, montrant par là combien cette dernière ne peut être optionnelle.

Le visage de l’autre appelle tout homme à La responsabilité

Il n’est donc pas surprenant que le philosophe Emmanuel Lévinas ait situé la réalité profonde de la responsabilité dans la rencontre de deux visages. Le visage se dit en latin vultus qui signifie « tourné vers ». Le visage est donc le vis-à-vis. Tantôt le visage de l’autre exerce une fascination naturelle et un attrait, tantôt il agace, parfois jusqu’au rejet. Mais dans tous les cas, le besoin d’altérité demeure, car l’autre me révèle à moi-même.

 

En effet, la rencontre avec l’autre me donne immédiatement à comprendre qu’il est une personne comme moi, que l’autre est déjà lié à moi par une relation organique. La rencontre face à face me fait faire l’expérience de ce que l’autre est mystérieusement fait pour moi et moi pour lui. Quand je regarde son visage, je vois d’abord ce qui est visible en lui, mais plus je le regarde, plus son visage m’ouvre à l’invisible de son être, à son mystère.

 

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