30 avril 2018

 

Dans le cadre de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte, Meeschaert Asset Management publie ses réflexions sur l’évaluation de l’empreinte carbone de certains portefeuilles.

 

L’objectif est d’examiner de façon détaillée les secteurs exposés à la transition énergétique en présentant leurs activités, en identifiant les risques liés au changement climatique et en élargissant le domaine d’analyse à d’autres paramètres environnementaux (gestion des déchets, consommation d’eau, préservation de la biodiversité…).

 

Présentation

Le secteur de l’énergie regroupe les entreprises qui explorent, extraient, raffinent, entreposent, transportent et vendent des produits pétroliers et gaziers. On note une forte intégration verticale dans ces activités. C’est un marché très sensible aux variations de l’offre et de la demande et qui manque de transparence.

 

Suite à la chute continue du cours du pétrole depuis 2014 et aux répercussions de la COP 21, on assiste à une réorganisation nécessaire de l’industrie, en quête d’un nouveau modèle économique. La demande pétrolière est présente dans la majorité des secteurs tels que les transports, l’habitat, l’agriculture et la production de biens de consommation lorsqu’il s’agit du pétrole.

 

Cependant, l’extraction et le raffinage du pétrole consomment d’importantes quantités d’eau et la combustion d’énergie fossile est à l’origine de la majorité des émissions mondiales de CO2. Dès lors, les enjeux sont la gestion et le traitement de l’eau, ainsi que la réduction des émissions carbone. La politique de gestion des risques dans ce secteur et les bonnes pratiques qui y sont développées, sont primordiales à analyser pour mettre en perspective leur empreinte carbone et la qualité des choix d’investissement.

Risques liés au changement climatique

Les installations relèvent d’investissements de long terme et leur positionnement est sensible aux conditions climatiques. De ce fait, de nombreux risques physiques existent : inondation, sécheresse, tempête, montée du niveau de la mer, etc. S’ajoutent par ailleurs les risques de transition.

 

Le secteur étant fortement émetteur en CO2, une évolution réglementaire telle que la mise en place d’une taxe carbone, ou la création de nouveaux marchés des quotas d’émissions dans le monde, peut avoir un impact considérable sur la viabilité économique de certaines activités ou installations.

 

C’est le concept des « stranded assets* » qui a récemment pris de l’ampleur au sein de la communauté d’investisseurs. La valorisation des entreprises du secteur dépend en effet fortement des réserves d’énergie fossile présentes dans les sous-sols dont elles gèrent l’exploitation.

Vision 360°

En 2012, 80 % des émissions de CO2 provenaient de la combustion d’énergies fossiles dans le monde. Stabilisation des émissions de CO2 dans ce secteur au cours des deux dernières années. D’ici 2035, la consommation d’énergie aura augmenté de 35 %, ce qui entraînera une augmentation de la consommation d’eau de 85 %.

 

La SDA (Sectoral decarbonization Approach) a défini une trajectoire cible du secteur de l’énergie qui montre une progression des émissions jusqu’à 2016, puis une baisse constante jusqu’en 2050.

Entreprises du secteur

Exploration et production : Cairn Energy, Lundin Petroleum, Ophir Energy, Premier Oil, Tullow Oil

Raffinerie et marketing : Neste

Entreprises de pétrole et gaz intégrées : BP, ENI, Galp Energia, Omv, Repsol, Royal Dutch Shella, Statoil, Total

 

Consulter le site ISR du groupe.

 

Stranded assets » ou (« actifs bloqués ») : Hypothèse selon laquelle les actifs de l’industrie fossile risquent de subir une forte dévalorisation, dans l’optique du scénario 2°. Afin de limiter le réchauffement climatique à cette augmentation de 2 degrés, il a en effet été estimé que plus des deux tiers des réserves d’énergie fossile ne devaient pas être extraites des sous-sols. Dès lors, les énergéticiens détenant les stocks fossiles les plus importants seraient lourdement impactés dans la pérennité de leur modèle économique.

 

Ce texte est extrait du « Rapport annuel empreinte carbone du FCP MAM Human Values« .