5 janvier 2021

 

Depuis plus de 15 ans et de manière mensuelle, une étude sectorielle ou thématique est réalisée par les équipes ISR de Meeschaert AM, en collaboration avec des partenaires associatifs.

 

Vous trouverez ci-dessous les principaux éléments ressortis de l’analyse du mois de novembre 2020 du secteur bancaire.

 

Le secteur bancaire regroupe différentes activités comme les banques de détail, les banques de financement et d’investissement, les banques privées ou encore les banques de marché. Chaque typologie correspond tant à une clientèle particulière qu’à une organisation et à des enjeux, risques et opportunités différents. Ce secteur est en pleine évolution, partagé entre l’émergence de nouveaux acteurs et la présence d’acteurs traditionnels, de plus grande taille, qui tentent de s’adapter aux innovations et tendances de long terme.

Enjeux principaux du secteur bancaire

Le contexte actuel de taux d’intérêt bas agit comme soutien de long terme à la croissance. Cependant les banques voient logiquement leur rentabilité dégradée. En parallèle, depuis 2010 et les accords de Bâle III, les banques doivent être en mesure de justifier de leur solvabilité passant par un renforcement de la qualité des fonds propres, notamment avec le ratio CET1. Enfin, pour pallier le risque de liquidité, le Comité de Bâle intègre dans son dispositif de régulation la mise en place de deux ratios de liquidité : l’un à court terme (LCR) et l’autre à long terme (NSFR).

 

Montée en puissance des GAFAM et des fintech
– Risque de disruption du secteur qui oblige les acteurs traditionnels à se moderniser et à intervenir en amont de la chaîne de valeur pour servir de nouvelles cibles de clientèle plus complexes et plus rentables
– Intensification de la concurrence car des acteurs de toutes tailles pourront tirer parti des nouvelles technologies afin de réduire leurs coûts et adresser des questions de conformité

 

Cybercriminalité
– 2ème secteur le plus ciblé par les cyberattaques
– Forte exposition à un risque croissant de cyberattaques et de carences informatiques opérationnelles, à mesure que les banques numérisent leurs services
– Les cyberattaques contre les banques ont triplé pendant le premier confinement, du fait de la forte progression du télétravail et des services en ligne
– La BCE alerte sur ces cyber-risques et indique que la plupart des problèmes de sécurité relèvent d’un défaut dans l’application des règles de détection des risques

 

Intégration des risques climatiques et impact carbone
– Mise en place de test de résistance climatiques (France, Pays-Bas, UK ; puis en 2021 au niveau de l’Europe)

Rôle sociétal des banques

Financement de l’économie réelle et de la transition énergétique
• Le financement de l’économie réelle traduit la capacité des banques à prêter aux ménages et aux entreprises afin de soutenir la consommation et l’investissement. En France, selon la Banque de France, les crédits aux ménages se sont élevés à 1 483 milliards d’euros (en croissance de 6,3 % par rapport à 2018) et ceux accordés aux sociétés non financières se sont élevés à 2 935 milliards d’euros
(en croissance de 5,5 % par rapport à 2018).
La Cour des comptes européenne estime, sur la base des travaux du HLEG (High Level European Group), à 11 200 milliards d’euros le coût de la transition énergétique à l’échelle européenne entre 2021 et 2030, soit 1 120 milliards d’euros par an.

 

Inclusion financière
• L’inclusion financière est un catalyseur et figure parmi les cibles de 8 objectifs de développement durable (ODD) à horizon 2030.
• On estime que 1,7 milliard d’adultes n’ont pas de compte de transaction de base dans le monde en 2017. Parmi eux, 1 milliard disposent d’un téléphone portable. La digitalisation des banques est donc cruciale.
• La Banque Mondiale s’est engagée en 2013 à bancariser 1 milliard d’adultes à travers l’Universalisation de l’accès aux services financiers à horizon 2020 (objectif atteint aux 2/3 en 2017).

 

Lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme
• Le blanchiment d’argent est la dissimulation de fonds de provenance illicite (trafic de drogue, vol, escroquerie, vente d’armes, braquage, fraude fiscale…) en les réinvestissant dans des activités légales (immobilier, restauration, etc.).
• Au niveau européen, la première directive européenne anti-blanchiment date de 1991. La 6ème directive de l’UE contre le blanchiment d’argent (6AMLD) entre en vigueur le 3 décembre 2020 et doit être mise en œuvre par les institutions financières d’ici juin 2021.
• L’Autorité bancaire européenne est chargée de coordonner la lutte contre cette fraude mais ne dispose pas de pouvoir de contrainte.
Les États doivent veiller à l’application des règles européennes.
• Les banques sont aujourd’hui dans l’obligation de déployer des moyens afin de prévenir toute tentative de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme.

 

 

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