19 septembre 2017

 

Dans une étude sur les motivations philanthropiques des grandes fortunes d’Europe du Nord, deux experts français du secteur, Marc Abélès et Jérôme Kohler, détaillent les principaux arguments mis en avant par les philanthropes pour justifier leur engagement : « Faire des choses qui ont un sens, donner du sens à sa vie ; laisser une trace distincte de la simple transmission de fortune ; dépasser une vision matérialiste de la fortune ; rendre à la société, “savoir renvoyer” l’ascenseur ; rétablir un certain équilibre au sein du contrat social ».

 

L’altruisme constitue évidemment un ressort puissant de l’action philanthropique, puisqu’il s’agit de « manifester une générosité sans calcul ni attente de reconnaissance ; être en phase avec son sens moral ou ses convictions religieuses ; porter son attention à l’autre ».

 

Les auteurs distinguent deux grandes catégories de philanthropies : la philanthropie passionnée et la philanthropie raisonnée.

 

Quoique fondée sur l’émotion, la philanthropie n’exclut nullement une approche rationnelle et pragmatique, qui va s’appliquer à la fois à la conception, à la réalisation et au suivi de projets. Un philanthrope va ainsi sélectionner une ou plusieurs fondations reconnues d’utilité publique offrant aux donateurs la possibilité de bénéficier de l’ensemble des dispositifs patrimoniaux disponibles en France à ce jour. Parmi ses critères de décision, la capacité de ces structures à mettre en place un dispositif (reportings, rencontres…) pour que leurs donateurs s’inscrivent pleinement dans le cadre de leur action est essentiel. Ce fonctionnement fait ainsi écho à la manière dont un groupe doit envisager sa relation avec ses clients, fondée sur des valeurs de qualité, de transparence et de partage.

 

Déductions fiscales mises à part, le « retour sur investissement » de la philanthropie est immatériel. Il est cependant considérable. En mettant sa richesse au service d’une cause, le donateur prend conscience d’avoir fait bouger les lignes, d’avoir pu induire un changement, même modeste. La philanthropie, en donnant le sentiment d’avoir « bien agi », procure une profonde satisfaction. Le bénéfice du don va donc dans les deux sens : pour le récipiendaire ou la cause défendue, d’une part ; pour le donateur, d’autre part.

 

C’est le cercle vertueux de la générosité, « the gift that keeps on giving » (le cadeau qui vous le rend au centuple).