14 novembre 2017

 

Face à un capitalisme déboussolé et à un environnement en danger, la société civile réagit et fait preuve d’une vitalité remarquable en proposant des solutions novatrices.

 

Depuis quelques années, le monde universitaire, les organisations non-gouvernementales, mais aussi certains acteurs du secteur économique et de l’entreprise convergent dans leur analyse : dans un monde où les activités des uns ont un impact significatif sur la vie des autres et sur l’équilibre de la biosphère, il importe de dépasser le clivage entre la société et l’entreprise, en dégageant des intérêts réciproques pour les deux parties et en faisant émerger un consensus autour du bien commun qu’est la planète.

 

« Economie positive », « capitalisme responsable », « croissance durable »… Autant de nouvelles approches qui viennent revigorer la pensée économique contemporaine. Quels  sont leurs points communs ?

 

d’une part, la nécessité de replacer l’entreprise dans son environnement (humain, territorial, sociétal, culturel, environnemental), en ayant une vision « holistique » ou transversale des activités de celle-ci ;

d’autre part, prendre en compte cet environnement dans les décisions de l’entreprise, en élaborant une stratégie fondée sur des interactions positives avec celui-ci, selon un modèle « gagnant-gagnant » ;

enfin, réhabiliter « le temps long » : la finalité de l’entreprise doit s’inscrire au-delà du profit immédiat et du bénéfice de l’actionnaire, et intégrer un horizon de long terme. Cela implique également que l’entreprise prenne en compte, dans ses activités, l’intérêt des générations futures et de la planète.

 

L’ « économie positive » et la « valeur partagée » figurent parmi les modèles faisant émerger un capitalisme novateur et engagé dans la société.

 

L’économie positive

 

En 2012, un groupe de travail présidé par Jacques Attali sur le thème de l’« économie positive » a réuni des personnalités issues d’horizons divers, allant de Clara Gaymard, présidente de General Electric France à Matthieu Ricard, moine bouddhiste proche du Dalaï-Lama.

Au cœur de la problématique de l’économie positive se trouve la question de l’altruisme. Il ne s’agit pas d’un « bon sentiment » mais d’un altruisme rationnel, qui consiste à prendre en compte l’intérêt  des prochaines générations pour ne pas leur laisser une planète épuisée et des « dettes multiformes – budgétaires, écologiques, sociales ». Si le système économique n’est pas changé, indique le groupe de travail, il sera impossible de faire face aux défis qui nous attendent à l’échelle planétaire.

 

La notion de « valeur partagée »

 

Outre l’économie positive, un autre concept fondamental est celui de la « création de valeur partagée » (shared value), mis au point par Michael Porter, professeur à la Harvard Business School. Michael Porter propose de redéfinir la relation du capitalisme à la société. « Dans la perspective de la valeur partagée, dit-il, les marchés sont définis non seulement par les besoins économiques classiques, mais aussi par les besoins sociétaux ». Selon lui, une dimension essentielle de l’entreprise a été négligée jusqu’à présent : le rôle positif qu’elle peut jouer dans la résolution de problèmes sociaux. C’est pourquoi il faut repenser la raison d’être de l’entreprise capitaliste, et intégrer le progrès social dans sa finalité (et non le considérer comme un élément annexe). Ce changement de paradigme recèle un potentiel de développement formidable pour l’entreprise, en même temps qu’il crée de véritables avancées sociales.

 

Consulter le site du groupe Meeschaert.