2 mai 2017

 

Cinq mois après l’élection de Donald Trump à la Maison-Blanche, une lecture de la presse, aussi bien européenne qu’américaine, pourrait laisser apparaître un constat d’échec de la nouvelle administration. Pourtant, les marchés financiers américains ne sont pas de cet avis puisqu’ils affichent une hausse de plus de 5 % depuis le début de l’année. Quant à la confiance des consommateurs, elle est au plus haut outre-Atlantique. Pourquoi cette apparente contradiction ?

 

 

Les raisons de la victoire de Donald Trump

 

La lettre annuelle aux actionnaires de Jamie Dimon, Président-directeur général de J.P. Morgan, apporte un nombre d’éléments fascinants expliquant l’élection de l’actuel président américain. Ces seize dernières années, les États-Unis ont dépensé des trillions dans des conflits armés. Le coût du système de santé est largement supérieur à tous ceux des pays développés. Les entraves réglementaires sont onéreuses et complexes. Depuis dix ans, l’économie progresse plus lentement que ces cinquante dernières années. La productivité est au plus bas. En 1971, 61 % des Américains pouvaient se réclamer de la classe moyenne, contre 50 % en 2015. Dans les années 60, les États-Unis étaient considérés comme un des pays les plus avancés en termes d’infrastructure. Aujourd’hui, il occupe la 27e place selon le Basic Requirement System. Le mécanisme d’imposition des sociétés fait fuir les capitaux. Ajoutons enfin, la baisse du pouvoir d’achat des Américains depuis 2002.

Cette longue liste n’émane ni de la gauche ni de la droite et ne comporte pas de slogans populistes ou politiques. Elle n’est pas imprégnée de racisme ni même de protectionnisme. Il s’agit de simples constatations.

Les citoyens américains, qu’ils aient voté pour Donald Trump ou Hillary Clinton, n’ont pas vu leur niveau de vie s’améliorer depuis de longues années. Alors que les indices boursiers sont au plus haut, la majorité d’entre eux souffre d’un malaise économique certain et leurs préoccupations inspirent la politique que le président veut mettre en place.

 

Le pragmatisme des marchés financiers

 

Les marchés constatent que l’équipe de Donald Trump fonctionne comme un conseil d’administration dont les membres ne sont pas des politiciens. Gary Cohn, Responsable de la politique économique de la Maison-Blanche, et Steven Mnuchin, Secrétaire au Trésor, sont issus des milieux financiers (Goldman Sachs). Le Secrétaire d’Etat Rex Tillerson a dirigé l’un des plus importants groupes internationaux : Exxon. Carl Icahn et Wilbur Ross ont été des investisseurs de premier plan. Elon Musk (Tesla) et Mark Field (Ford) conseillent Donald Trump régulièrement. Jamais une administration n’a été autant à l’écoute des milieux économiques.

Et si les Bourses sont pragmatiques, les Américains le sont aussi. Les baisses d’impôts promises et les investissements dans l’infrastructure ne sont encore que des projets. Quelques arrêtés appréciés des chefs d’entreprise ont cependant déjà commencé à déréguler d’importants secteurs d’activité. Malgré ses défauts, les Américains considèrent le nouveau président comme un patron qui met son énergie et son savoir-faire au service de son entreprise.

 

L’insatisfaction économique des électeurs a porté Donald Trump au pouvoir. White House Inc. ou USA Inc : tant que la politique américaine sera perçue comme soutenant l’économie, les marchés financiers comme les Américains investissant pour leurs retraites resteront optimistes.