10 mai 2017

 

La valeur d’une monnaie ne se décrète pas : elle se définit toujours par rapport à une référence.

 

Le franc dans son histoire a parfois été fort mais c’était, à chaque fois, dans un contexte de convertibilité ou de réserve de change crédible.
Dans les années 20, le franc Poincaré attirait les étrangers grâce à sa convertibilité en or. Indexée sur le métal jaune, sa valeur a protégé, dans un premier temps, la France de la crise de 1929. De même, les formidables réserves d’or de la banque de France ont permis au pays de tenir dans la période des grèves de 1968, quitte à dévaluer la devise nationale pour limiter l’hémorragie de ces réserves, une fois la crise terminée.

 

La force d’une monnaie se caractérise souvent par le nombre de détenteurs étrangers. Si la défiance apparaît, ces derniers n’auront qu’une hâte : se débarrasser d’une devise qui risque de se déprécier.
Aujourd’hui 60 % de la dette française est financée par des investisseurs internationaux. Cela s’explique non seulement par la confiance qu’ils ont dans l’Etat français à rembourser ses dettes, mais également dans leur certitude que l’euro ne va pas s’effondrer.

 

Meeschaert-marchés de change euro franc

 

En France, depuis la seconde guerre mondiale, avec l’abandon de la convertibilité et l’apparition des taux de change flottants, le franc n’est plus considéré comme une monnaie de réserve.
A contrario, depuis 1971, les Etats-Unis se sont fort bien accommodés de leur renoncement à la convertibilité en or en profitant de l’avantage procuré par le statut de monnaie de réserve de leur devise : pouvoir en imprimer autant que souhaité sans véritable conséquence économique sur sa valeur. Ainsi, dès la fin des années 2000, dans quelque pays que ce soit à quelques exceptions près, il était possible de régler ses achats en dollars.

 

Faut-il, dans ce cas, renoncer à ce privilège – bien supérieur à celui de pouvoir battre monnaie – attaché à l’euro ? Nous détenons dans notre porte-monnaie des billets et des pièces qui valent de l’or, car si on examine les réserves de change des banques centrales du monde entier, la part représentée par l’euro est loin d’être non négligeable, notamment comparée à celle du dollar, et bien supérieure à celle de l’or. Cela signifie que nous sommes crédibles aux yeux du monde entier.

 

Revenir à une monnaie nationale ne serait donc pas une libération mais une aliénation. Car la valeur de ce nouveau franc ne dépendrait ni de nous ni de la banque centrale mais de la confiance des autres c’est-à-dire des étrangers… le comble pour un pays qui revendique son indépendance et sa souveraineté nationale.

 

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