5 septembre 2017

 

Le retour de l’euro, constaté depuis plusieurs mois, n’est pas sans déplaire à nos amis alémaniques qui voyaient dans la politique jugée trop laxiste de Mario Draghi la source de tous les maux européens. Le cours de la devise n’augmente pas par hasard : sa hausse repose essentiellement sur trois facteurs.

 

L’attractivité retrouvée de l’Europe, due à une reprise économique assez vigoureuse et à un nouvel élan politique insufflé par l’élection du Président Macron, a renforcé la confiance dans sa devise. Dans ce contexte favorable, les anticipations d’une modification de la politique monétaire de la BCE ont renversé la tendance baissière de l’euro, le revalorisant contre le dollar de plus de 10 %.

 

La deuxième raison nous vient des Etats-Unis. L’incohérence de la politique – tant étrangère qu’intérieure – de Donald Trump génère une certaine défiance vis-à-vis de la devise américaine. Pour la première fois le billet vert est atteint du syndrome de risque politique qui affecte en général les pays peu démocratiques ou émergents. L’arrivée de Donald Trump et son clivage politique ont affaibli le consensus traditionnel sur le modèle de la société américaine.Cette dernière semble beaucoup moins unie qu’auparavant. Les investisseurs n’ont pas manqué de sanctionner ce constat, d’autant que la prévisibilité de la politique monétaire américaine, notamment sur la hausse des taux, s’est brouillée depuis quelques semaines.

 

La dernière raison est d’ordre géopolitique. Les tensions se sont déplacées en Asie avec la crise de la Corée du Nord et le risque accru de conflit armé avec les Etats Unis. Par comparaison, l’Europe est ainsi devenue un havre de paix, tout relatif mais avéré. Les tensions avec la Russie à propos de l’Ukraine y sont moins vives. Par ailleurs, la défaite de Daesh à Mossoul et dans d’autres villes de Syrie commence à laisser entrevoir une stabilisation dans la région qui entraînerait la réduction des flux migratoires.

 

Tous ces facteurs ont permis à l’euro de s’apprécier notablement, l’Europe apparaissant comme un socle stable et cohérent notamment grâce aux échecs électoraux récents des extrémistes de droite ou de gauche. Cet équilibre reste fragile : pour changer la donne, une montée des partis populistes en Italie suffirait.

 

Il est probable que la monnaie européenne reste chère dans les semaines à venir. Cependant, la croissance de la zone – pourtant plus sensible aux parités de change que la croissance américaine – ne devrait pas en être affectée.

 

Consultez le site Meeschaert Asset Management.