2 novembre 2017

 

Le Printemps Arabe, cette vague de mobilisations déclenchée en 2011, promettait de balayer des régimes autoritaires pour laisser place à des forces démocratiques. Les acteurs désignés par les médias ayant permis ces mouvements ? Les réseaux sociaux.

 

C’est sur Facebook et Twitter que les mouvements de contestation s’organisent, s’épanouissent. Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook déclarait alors : « Facebook est un outil pour créer un dialogue plus honnête et plus transparent avec les gouvernements ». Il prédisait que le web social permettrait de trouver  « des solutions aux plus grands problèmes de notre époque ».

 

La toute-puissance des GAFA remise en question

 

Aujourd’hui, les héros de cette décennie, les réseaux sociaux, sont sous le feu des critiques. On apprend que la Russie aurait essayé de manipuler l’opinion publique américaine lors des dernières élections présidentielles. Avec des faux comptes Facebook comme « Blacktivist » ou « Secured Borders », en novembre 2016, un demi-million d’Américains auraient été exposés à des faux messages qu’ils prêtaient à la voix légitime d’opposants à une candidate, à l’occurrence Hillary Clinton.

 

En ce qui concerne le commerce en ligne, Amazon est devenu pour beaucoup un nouveau style de consommation. Des prix toujours plus avantageux, un choix inépuisable, des livraisons rapides, tout est fait pour satisfaire le consommateur. En parallèle, des voix s’élèvent : Amazon tue le commerce de détail et de proximité et influence les choix des consommateurs.

 

Quant à Google, on s’en sert constamment. Qu’il s’agisse du moteur de recherche ou de son système d’exploitation, Android, utilisé par 80 % des smartphones, Google représente avant tout un accès immédiat et simplifié à l’information, mais aussi, de plus en plus, une source  d’inquiétudes. Google sait tout de nous, en temps réel : ce qui nous intéresse, où nous sommes, ce que nous achetons. Quelles sont les conséquences de la détention de toutes ces données par une seule et unique entreprise ?

 

Le smartphone, l’iPhone, devenu objet indispensable du quotidien est également sous les feux des critiques. Des psychologues de renom affirment que leur consultation, en moyenne 30 000 fois par année, affecte directement les facultés intellectuelles des utilisateurs, notamment la capacité de concentration et la mémoire. Nous aurions abandonné à la machine des fonctions essentielles de notre cerveau.

 

Faut-il casser ces monopoles ?

 

Au même moment, en Europe, des gouvernements engagent une lutte contre ces géants du numérique. La Communauté européenne découvre que Google couvre 92 % des recherches sur internet. Conséquence : une amende de 2,1 milliards de dollars imposée à la compagnie pour concurrence déloyale.

 

Quand ce n’est pas au niveau concurrentiel, c’est au niveau des impôts que ces groupes soulèvent des questionnements. Apple est condamné à une amende de 14 milliards d’euros pour avoir optimisé ses revenus en Irlande, en réalité, pour avoir échappé, légalement, à l’impôt. Amazon se retrouve dans la même situation. Soudainement, c’est comme si l’on découvrait que la Silicon Valley, au lieu de changer le monde en contribuant à son progrès technologique, l’avait monétisé.

 

Pourquoi décrire ces aspects négatifs, alors que nous pourrions aussi bien dresser une liste convaincante, incontestable, des progrès et des avantages innombrables de la révolution internet ? En se plaçant du point de vue des investisseurs, on constate que depuis des années, ces entreprises sont devenues non seulement les leaders des indices boursiers, mais ont aussi atteint des tailles jamais égalées. Pour ne prendre qu’un seul exemple, le cours de Facebook enregistre près de 1 000 % de hausse en seulement dix ans. La part d’inconnue réside aujourd’hui dans la résistance ou non de ces entreprises à une éventuelle offensive des autorités réglementaires, tout d’abord en Europe et ensuite, aux Etats-Unis, qui s’attaquerait au cœur même de leurs activités.

 

Les GAFA sont aujourd’hui les leaders incontestés des marchés boursiers, sources de performances phénoménales. Pour combien de temps ?